La prostitution en règles de droits

Rappel du droit aujourd’hui :L’article 1128 du code civil français dispose que seuls peuvent être l’objet de contrats les choses qui sont dans le commerce. De cette façon, on englobe des éléments plus importants que si simplement la licéité était demandée. L’indisponibilité du corps rend alors impossible sa vente, entière ou partie, ainsi que sa location.

Je traduis.
Je vous avais déjà expliqué que tout est un contrat. Le moindre de vos achats est un contrat. Seules les choses dans le commerce peuvent faire l’objet d’un contrat, cela veut dire que non seulement l’objet du contrat doit être légal, mais en plus sa commercialisation doit l’être également. Je vous illustre ça : faire un don de sang est légal, vendre ses affaires ou sa force de travail est légal, mais vendre son sang est illégal.Je n’irai pas plus dans la technique, mais mon but est de rester dans le domaine « corporel ». Autant que le sang, on ne peut pas vendre ses organes. C’est ce qu’on appelle l’indisponibilité du corps humain. Il se pose un débat depuis quelques années, un débat que certains voisins européens ont réglé depuis un moment. Ainsi, si en Suède la prostitution est illégale et les clients pénalisés, l’Allemagne et la Belgique l’ont dépénalisé, comme la Hollande en autorisant la création de maisons closes.Le « problème » en France est le suivant : quelque soit la façon de voir légalement le « contrat de prostitution », l’objet sera le corps humain. Toujours indisponible. Cependant, il y a un non-sens juridique quelque part : au final, s’il y a un échange, le client ne dispose pas complètement du corps de la personne qui se prostitue, il ne peut pas en faire ce qu’il veut mais bien ce qui est convenu entre eux. Il ne reste donc comme réelle interdiction dans ce domaine que celle de ne pas pratiquer le proxénétisme, ce qui pourrait être une bonne chose si cela empêchait seulement les proxénètes de profiter du travail des autres. Cependant cette interdiction s’applique à toute personne majeure profitant de l’argent de la prostitution: un mari, un(e) petit(e) ami(e), un « enfant » étudiant à l’université grâce à cela, etc. De nombreux juristes vous diront alors que la véritable question de la prostitution est morale. On souhaite interdire car l’idée de vendre du plaisir ne correspond pas à la morale en place.
Et depuis quelques années une mouvance est née : celle des abolitionnistes. Des associations, rarement constituées d’anciennes prostituées mais plutôt de moralisateurs, de « féministes » disant que si une femme peut disposer de son corps elle ne peut avoir le choix de le vendre. Pourtant, on retrouve beaucoup d’associations aujourd’hui, comme « Les putes » ou le STRASS (Syndicat du TRavail Sexuel) qui souhaitent une mise en place légale de leur travail.

Pourquoi cela ? Pour éviter ce que présentent les abolitionnistes comme super argument : les femmes qui n’ont pas fait le choix d’être là, celles qui sont surveillées par des macs violents et dangereux doivent avoir une protection, doivent pouvoir sortir du système sans risquer le passage à tabac, le viol, les menaces….

Vous l’aurez compris, mon parti est pris, celui de la liberté de chacun ET chacune de disposer de son corps. D’avoir la possibilité de faire ou de ne pas faire. Et pour cela, le texte qui vient d’être proposé à l’assemblée par ces associations et une mission de deux députés visant à affirmer la position abolitionniste de l’état français par exemple, ne peut être en accord avec cela.

Si la prostitution n’est pas toujours un choix, elle ne doit pas être criminalisée, renforçant les mauvaises conditions de travail de ceux et celles qui sont déjà bien dans la merde. Les réseaux abolitionnistes n’ont surement plus aucuns liens avec la réalité de la prostitution en France mais ils nous rappellent à tous que finalement, la possibilité de disposer totalement de son corps en France (surtout pour une femme) n’est envisageable que dans la mesure ou l’on respecte des « valeurs morales » particulières.

 

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Une nuit sur les forums Ep01: L’infidélité

L’odeur de cigarette stagne dans l’apparte. Il fait tellement froid dehors je n’ose pas ouvrir la fenêtre, je reste sous ma polaire sur le canapé.

Une connaissance m’a parlé un jour d’un philosophe du désir, Gérard Leleu. Alors je suis allée voir. On trouve des tas de petites interviewes et tout de lui.

Sur le désir, l’amour, le plaisir…et la fidélité. Et c’est ce qui a le plus retenue mon attention. Des profils d’infidèles immatures, des questions de lecteurs de sites de psycho auxquels il répond. Un des types lui demande globalement quoi faire pour s’en sortir, face à une femme qui le trompe. Le Dr en sexologie lui explique donc que la relation extra conjugale est une façon d’aller vers quelque chose de nouveau, qui change, sans contrainte bla bla bla.

Mais au bout d’un moment, à moins que l’ont soit marié et plein de gamins…

J’ai poussé le vice à aller regarde des forums. Je dois avouer qu’en fait, un m’a suffit. On y parlait entre femmes trompées, maîtresses et hommes ou femmes infidèles.

C’est l’après qui était abordé sur la page sur laquelle je suis tombée. Est il encore en contact avec elle? Il l’est, comment le vivre?

Si sur le forum, les gens pensent qu’il faut fuir, certains témoignent : « il/elle m’a promis mais ne s’y tiens pas je crois » mais le pire c’est surtout les infidèles qui postent, présentant des excuses et racontant comment cela se passe.

L’un d’eux affirmait que si l’infidèle voulait revoir son « ex » relation extra conjugale ce n’était certainement pas pour jouer au Scrabble mais bien en espérant qu’il se passe quelque chose.

Une autre expliquait que son amant avait promis à sa femme qu’ils avaient rompu mais qu’en fait ils attendaient que quelques semaines passent et qu’elle soit moins suspicieuse.

Il n’y a rien qui semblait s’être reconstruit depuis « ca ». A part un couple mais en 2 ans le type avait fait 4 faux retours entre deux moments avec sa maîtresse et était depuis rentré depuis 6 mois mais rien n’allait.

Partout on parle de rassurer la personne que l’on a trompé, lui montrer son amour. On conseil au cocu de changer un peu, se réinventer..

C’est perdu au milieu d’un forum franco québécois que j’ai trouvé ce qui me semblait être un point central, indispensable à moins qu’il soit implicite à chaque fois : couper les ponts avec l’amant/la maîtresse.

Non mais sérieusement, comment peut on envisager quoi que ce soit et garder la personne qui est au centre de la crise de couple (je ne dis pas la qu’elle est responsable hein, mais bon, c’est son visage qui représentera l’infamie pour le/a pauvre cocu).

J’ai été d’autant plus surprise par l’avis québécois expliquant en plus qu’il ne fallait pas larguer sa maîtresse ou son amant de façon désagréable. « Faire les choses proprement ». Je trouve ça juste.

Cela dit, après il faut juste s’y tenir.

Si tromper est un manque de respect, entretenir une relation ensuite avec la personne n’est pas vraiment plus respectueux.

J’imagine que pardonner ne doit pas être une mince affaire. Leleu comme d’autres psy souligne bien l’idée de remise en question de soit, la sensation d’être dévalorisé, la perte de confiance en l’autre mais aussi en soit. Je ne crois pas qu’en plus gérer la présence d’un(e) rivale soit l’idéale, d’autant plus si cette personne représente tout ce que l’on est pas, ce que l’on aimerait être (et vu la situation c’est sûrement le cas.)

Bref, les balades sur les forums sur l’infidélité, c’est comme regarder un dico médicale illustré aux pages des MST avant de sortir : c’est l’assurance d’une soirée platonique, et d’une fuite systématique de tout être humain.