Hô mots phobes! Rencontre du troisième type : les propos de militants de la « manif pour tous »

Alors que la présidente d’Act up Paris a été mise en examen pour avoir dit que les membres de la « manif pour tous » sont des homophobes, j’ai décidé de sortir du placard les perles entendues lors de deux « discussions » avec justement…la manif pour tous.

Les premiers sont en fait des veilleurs, citoyens concernés, pull manif pour tous retournés sur les épaules, ils sont indépendants.  Les secondes sont des membres de LMPT qui distribuaient des tracts il y a deux mois environ à châtelet.

Homophobie, racisme, sexisme, invention de texte de loi…rien n’est trop beau pour des gens sans arguments.

Vous trouverez donc ici les mots de fins psychologues et sociologues, que j’ai essayée tant bien que mal d’expliquer.

Ainsi chez les veilleurs :

             « L’homosexualité c’est mieux quand c’est des femmes quand même, c’est moins sale. »

De la à dire que c’est plus sensuel, plus sexy, surtout quand elles sont nues, surtout quand c’est filmé, surtout quand je cherche sur youpo….oups.

            « Vous vous êtes bisexuelles parce que votre père était absent, et puis, vous êtes arabe, votre père doit être musulman et ces gens-là sont pas présent dans l’éducation de leurs enfants, surtout des filles. Si ma fille est lesbienne c’est parce que j’ai divorcé et que je n’est pas été présent dans son éducation »

Parce qu’être lesbienne c’est avoir des daddy issues bien sur. Avec un homme un vrai à la maison, on est « normale » on aime un homme qui ressemble à papa? et les gays, c’est la faute des mères trops présentes qui en font des tapettes. Hum. Voila. Je n’ai pas trouver de meilleures explications à cette phrase.

Et puis parce que dire quelque chose de biphobe, c’est toujours plus marrant quand on peut EN PLUS dire un truc raciste.

               « Au mariage de ma fille lesbienne, je n’irais pas à la mairie, je n’irais qu’à la réception… je sais ca la rend triste mais c’est comme ca. »

De la à dire que c’est plus marrant de picoler gratuitement en regardant les copines lesbiennes invitées au mariage se rouler des pelles que d’écouter le maire…

               « Et ça vous fait pas chier d’être du côté du gouvernement ? Moi j’ai ma pipette de sérum phy, j’ai été chargé par les CRS, j’ai l’impression d’avoir une nouvelle jeunesse. Je suis un rebelle. »

C’est vrai ca merde ! quoi que les gouvernement fassent, être contre c’est mieux. D’ailleurs, « Contre tout et pour rien » un slogan d’avenir dans la manif pour tous.
La crise de la cinquantaine pire que la crise d’adolescence. A la manip pour tous on a peur de rien, on écoute les one D, on est abonné à glossy, on trouve que les parents c’est trop des gros relous koa. A quand un débat sur le droit de vote des adulescents débiles?

             « Tu es belle, tu pourrais refaire le monde. »

Alors que quand on est moche, on se tait.

               « Le chant des partisan n’est pas associé à un bord politique. »

Non. Bien sur que non. Jamais.

             « Si le mariage gay passe, c’est mon mariage qui perd toute sa valeur. »

Je pense que l’auteure de cette phrase avait 14 ans. Du coup je ne suis pas sure de devoir l’envoyer ranger sa chambre ou pleurer. Mea culpa mademoiselle si vous aviez juste l’air très jeune. Dans ce cas, vous êtes juste très obscure.

Et le soir à Châtelet je n’attendais pas autre chose:

                   « Les homosexuels sont des gens blessés qui peuvent guérir s’ils demandent de l’aide, les bisexuels des gens qui se cherchent encore, les trans des gens clairement malades »

Et il bien nécessaire de commenter ?

            « On enseigne aux enfants qu’ils peuvent choisir leur sexe dans les écoles, c’est dans la loi. »

Avec ces deux jeunes filles, on commence le ballet du « tu ne connais pas la loi tais toi ».
Puisque visiblement, aucune d’elle n’a jamais lu aucune loi ni aucun projet de loi ni aucune proposition de loi, et puis allez, tout ça c’est pareil nan ? sutout qu’elles ont entendu parlé d’un amendement…

                      « La GPA est dans la loi »

Pas mieux. Toujours pas. Et puis quand bien même…parlons du modèle anglais : pas de GPA payante, la mère porteuse doit déjà avoir eu un enfant, il y a un suivi…Bref, chacun fait ce qu’il veut avec son corps nan ? nan. Bon.

                     « La GPA et la PMA sont des usines à orphelins »

Hum. Encore un argument qu’on ne peut pas comprendre : faire un bébé pour permettre à deux parents d’avoir un enfant, c’est en fait un orphelin…Well well well.

                   « Mais cette enfant est malade, c’est pas normal, il ne faut pas la laisser faire »

C’est la réponse qui m’est faite à l’évocation d’un exemple de mon entourage :des jumelles, l’une a décidée qu’elle voulait les cheveux court et qu’elle était un garçon.

Je pleure pour ses futurs enfants « Mon ado est intenable, elle veut porter des pantalons, elle refuse d’avoir les cheveux longs, bientôt elle voudra le droit de vote »

                     « Le congé paternité forcé est dans la loi et va empêcher les femmes de retrouver du travail après la grossesse alors qu’elles ont déjà beaucoup de mal et que peux d’entre elles en retrouvent »

Il semblerait que ce soit de l’ordre de 12% des femmes qui ne retrouvent pas de boulot après leur grossesse alors déjà on arrête le chiffre catastrophe pour un effet plus putassier que jamais. Ensuite on respire un grand bol de logique : si la mère s’arrête de bosser 3 mois et qu’ensuite c’est obligatoirement au père de s’y mettre, la rupture avec le monde du travail sera moindre et donc la nana aura moins de mal à trouver du boulot qu’après 2 ans sans bosser.
Bon évidement c’est si tout ca était dans la loi. Ca ne l’est pas. Encore un argument de champion.

 

Voila. il y a eu surement d’autres « perles » durant ces discussions. La dame qui distribuait des tracts a fini par nous dire « Ca ne sert à rien de parler avec vous on arrivera pas à vous convaincre » parce qu’on lui demandait de quelle loi, de quel texte elle tirait son argumentaire.

Après relecture de ces « échanges » je m’interroge. Donc, dire que des personnes tenant et soutenant ces propos sont homophobes serait une injure publique c’est a dire une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation » (article 29 de la loi). Les juges vont devoir statuer s’il y a bien eu injure, si les propos de la présidente d’Act up étaient diffamatoires, si elle a fait preuve de mauvaise foi en employant ces termes. J’ai vague souvenir d’un cour ou l’ont nous disait que pour justifier l’injure il fallait prouver la provocation. La provocation est là, dans toutes les prises de paroles de membres de la manif pour tous, filmés le plus souvent par des médias surpris par la paroles haineuse libérée…Je me demande ou est le diffamatoire quand on a d’un coté des personnes qui lient homosexualité et pédophilie et de l’autre des personnes victimes de violences physiques ou/et morales quotidiennes qui mettent un mot dessus: l’homophobie. 

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Lever le voile sur les agressions

D’éducation musulmane il m’est assez compliqué d’entendre les commentaires sur les deux agressions de femmes voilées sans avoir un certain tiraillement interne.

Élevée par un musulman en France, mes cheveux sont une de mes plus grosses dépenses. Un gouffre financier que je ne cacherais pour rien au monde. Surement que ce manque d’envie de les cacher vient du fait qu’on m’ait expliqué que l’islam ne m’imposait cela que lors de la prière. On m’a aussi élevé dans l’idée que cacher les femmes était une pratique sexiste. Pourtant celui qui me l’a appris est un homme qui fait ses 5 prières par jours, apprises à l’école coranique.

Il est évident que ces actes sont condamnables, qu’une agression sur qui que ce soit, vêtu de quelque façon que ce soit, est affreuse. Et pour moi, qui voit ce voile comme un objet d’oppression, c’est faire violence à des victimes déjà souffrantes.

Pourtant dans les commentaires qui défilent, aujourd’hui pour ces agressions mais avant déjà dans des discussions avec des gens, féministes, anti-racistes, dont je partage les valeurs, ce sujet me gène. On me parle d’un choix religieux, là ou il n’y a aucune obligation religieuse. Cette pratique tire sa force de la méconnaissance d’une religion dont le livre sacré explique qu’il vient parfaire les religions monothéistes, apportant l’évolution indispensable à la religion pour qu’elle puisse être adaptée aux Hommes. Alors quand bien même le voile en 622 pour des raisons de pudeur, de sexualité et de sexisme était d’actualité, il paraît possible que sa disparition soit une évolution naturelle, comme elle l’a été dans le monde chrétien où plus aucune femme ne se voile ou dans le monde juif ou il est souvent remplacé par des perruques.

L’idée de cacher la femme parce qu’elle est un objet de désir montre la suprématie de l’homme mais aussi sa bassesse : il ne peut se maitriser à la vue d’une femme ?

Et cette femme-objet, si elle ne se cache pas des hommes, elle se cache alors d’un dieu qui l’a créée dans son ensemble, et sans vouloir blasphémer : un dieu qui crée un organes uniquement voué au plaisir féminin en a t-il quelque chose à faire qu’une femme lui cache ses cheveux ?

Mon père aimerait que je m’intéresse plus à ma religion, bien sûr, mais s’oppose fermement à l’idée qu’une de ses filles puisse un jour se voiler. C’est pour lui une preuve d’ignorance.

Je suis féministe, et il m’est impensable de dire qu’une femme se fait violer parce qu’elle porte une minijupe.

Aujourd’hui, malgré mon opposition à ce bout de tissu, il est tout autant impensable de dire que ces femmes se sont faites agresser à cause de leur voile, je ne réduirai pas l’importance de cette agression, je ne mettrai pas de côté son aspect sexiste pour ne voir que le racisme, je n’oserais pas mettre plus en doute leurs paroles que lorsqu’une féministe dit s’être fait agresser.

Comme toute féministe, pour ou contre le voile, je m’indignerais contre une agression barbare et ne verrait qu’un seul coupable : l’agresseur.

Et à mon très humble avis, Caroline Fourest devrait en faire de même.

Quand les magazines « feminins » parlent de « feminisme » Ep01 – « Sexy mais pas soumises »

105 ans et un jour après une des plus grandes manifs des suffragettes de Londres, le féminisme est devenue un sujet à la mode. Je dirais presque que l’on peut remercier les femens pour avoir mis sur le devant de la scène un mouvement indispensable à l’évolution de nos société… Si seulement. Elles ont ouverte un « débat » sur ce à quoi doit ou non ressembler le féminisme, mis d’accord sur le fait que finalement le féminisme est pluriel mais ont aussi poussé à l’émergence de mouvement pensant le féminisme comme une « idée » féminine (cf pour plus tard les Antigones)

Avec toute la publicité dont elles profitent, c’est sans surprise qu’on les retrouve dans la presse féminine. Après avoir dépensé moins d’une dizaine d’euros, je suis l’heureuse propriétaire de Biba, Cosmo et autres Marie-Claire de juin/juillet qui ont tous pour « particularité » de parler de féminisme. Alors me voilà une idée. Je vous évite ou vous conseille, (si ça se trouve tout n’est pas à jeter, soyons optimistes) la lecture d’articles et en prime j’irais de mon humble analyse de féministe.

Aujourd’hui c’est le Marie Clair de juin que j’ouvre. Sous l’accroche en première page « Sexy mais pas soumise, vive le nouveau féminisme ! » je m’attendais à un article sur le strip tease ou quelque chose du genre. Que nenni. Aujourd’hui on ne parle plus de féminisme sans les Femens et c’est donc sur une double page qu’on peut voir la petite poitrine de Inna Schevchenco et son super tatouage sur un corps parfait de mannequin.

L’intro nous vend du rêve : nouvelle génération d’insoumises, Slut Walk et pour problématique : « Comment conjuguer une vie de femme qui a envie de plaire et un « ras le bol du sexisme » ?». Si la question pourrait sembler intéressante pour une ado en recherche d’identité (et encore) après quelques années à fréquenter les milieux féministes je me demande si on ne me vend pas un peu du vent : en quoi mon envie de plaire pourrait être sexiste ? Mon comportement, mes fringues et mon coté sexy seraient incompatibles avec l’anti-sexisme ?

 Je suis bonne joueuse, je continue ma lecture.

Si l’auteur pose la question pertinente de la possibilité de s’identifier aux femens « bombes à petits seins nus » elle semble ne pas avoir été très loin pour trouver ses témoins.

Quand j’apprends que ce sont les femens qui ont attaqués les idées reçues sur le féminisme je suis un peu surprise. Alors oui elles ont fait la pub de leur façon de militer mais l’idée que la féministe n’est pas une lesbienne-hétéro frustrées-camionneuse pleine de haine envers les hommes était oubliée depuis un moment, non ?

Le premier témoignage, d’une nouvelle femen, me laisse un peu pantoise : elle ne s’interdit rien au nom de ses idées, sexuellement parlant. J’en déduis un truc qui me rappelle un peu les abolos (rappelez vous c’est eux) : toutes les pratiques sexuelles consenties ne sont pas féministes? En temps que féministe « classique » (aka pas-femen-pour-un-sous-ou-même-un-million) je devrais me frustrer. Soit. Pourtant ce que cette jeune femme oublie de dire c’est que si si, les femens interdisent certaines pratiques au nom de la liberté de la femme : pas de prostitution, pas de porno… Une femme doit disposer de son corps mais n’a pas le doit de « le vendre »(donc d’en disposer). Contradiction dites vous ?

La suivante, pourtant élève de Sciences Po, nous explique qu’elle ne sait pas comment se comporter pour séduire : être elle même, féministe, au risque de faire peur, ou se montrer soumise et douce…J’ai peur. Cela me rappelle ma mère, issue d’une autre culture, d’une autre génération qui me disait un temps « tu vas faire fuir les hommes, ils ont peur des femmes trop sures d’elles, engagées bla bla bla soumets toi bla bla bla finir vieille fille ». Alors oui, parfois certains sont un peu des abrutis sexistes…mais heuuu on ne devrait pas se dire que tant mieux ? Si Brandon est mignon mais super sexiste, est-ce triste de ne pas aller plus loin ?

Je ne m’attarde pas trop sur le moment ou une grande génie dit qu’elle ne renoncera pas à ses idées pour un homme comme elle « ne deviendrait pas raciste ou végétarienne ». C’est vraiment trop grave les végétariens pour en parler ici. Leurs victimes aujourd’hui souffrent dans l’indifférence générale… non c’est trop triste.

Une autre nous explique ne pas s’épiler parce qu’elle a autre chose à faire de plus intéressant, ok, mais que ne pas s’épiler n’est pas synonyme d’émancipation selon elle. Pourquoi je vous parle de ce passage ? La question est : pourquoi nous dit elle ça ? Pour rien. Comme ça.

L’article nous dit alors que ces néo-féministes ne se privent pas pour jouer avec la mode. Bien que, là encore, il est question des positions de chacune quant à suivre ou non la mode, est-ce que cela veut dire qu’une fois encore la féministe, pour l’être vraiment, doit porter un sac à patate?

Dommage, peu développé : l’auteur via une blogueuse pose la question : Est ce que ce que je fais je le fais vraiment parce que ça me plait ou parce que je me l’autosuggére ? Parce qu’on me l’impose doucement ? La fin de l’article est plus intéressante, s’il attaque la question de femmes dans les cités, il développe sur le monde du travail et interroge l’organisatrice de la Slut Walk Paris. D’ailleurs, au long des pages on trouve des photos de ces marches qui luttent entre autre contre l’idée qu’un décolleté ou une mini jupe est un appel au viol. On trouve un encart du philosophe Bernard Andrieu plutôt pas mal et un autre de l’auteur sur le livre « Sexy féminisme » pas mal non plus.

Finalement l’article aurait pu être pas mal fait s’il ne prenait pas les femens comme références du « nouveau » féminisme (elles ne représentent qu’elles-mêmes) et si les témoignages donnaient un peu moins dans le primaire.

Je ne me permettrais pas d’y mettre une note, mais je serais curieuse d’avoir d’autres avis que le mien. Donc je vous invite à lire le Marie Claire 730 du mois de juin 2013.

News from Istanbul « Gezi » protests

One of my friends was in istanbul to support the « Gezi protests ».

You can find here photo-series of the last weekend.

There is’nt a lot of information of what’s happening there so please share as much as possible.

 

Un de nos amis était à Istanbul ce weekend pour apporter son soutient aux manifestants.

Vous trouverez ici ses photos du weekend dernier, 

On a peu d’informations et d’images de ce qui se passe la bas alors s’il vous plait Diffusez celles ci le plus possible…

 

The nearby mosque became a makeshift hospital, staffed with doctors, medical students and volunteers. As CS shelling intensified, the mosque was forced to close its doors to protesters in order to keep the gas outside.

La mosquée la plus proche est devenue un hôpital de fortune, le personnel est composée de médecins  d’étudiants en medecine et de volontaires. En raison de bombardement intensifs de gaz CS, la mosquée a été forcée de fermer ses portes aux manifestants pour que le gaz ne se répende pas à l’intérieur.

Un renouveau de la jeunesse identitaire, une action française.

Contrairement aux nouveaux manifestants versaillais et autres sympathiques « on-est-pas-homophobe-mais » j’ai beaucoup manifesté, j’ai vu pas mal de charges de CRS, sur nous généralement, j’ai vu des CRS protéger des membres de ces mêmes groupes d’extrême droite qui aujourd’hui se placent en victime de la violence policière.

J’ai vu des CRS très en colère après des affrontement violents où certains étaient blessés.

Mais que la manif pour tous m’aura fait connaitre une chose toute nouvelle: des CRS tellement en colère qu’ils balancent des bouteilles sur la foule.

J’avoue, c’est du jamais vu.

Mais avant de sortir un très gauchiste « les CRS ça aiment ce genre de situations, la violence, être en position de force »  j’ai bien regardé et re-regardé cette vidéo tournée à la fin de la manif du 26 mai.

 

On y retrouve des choses inquiétantes pour les anciens militants de gauche qui devraient inquiéter tous les français :

Le retour de groupes qui sans cesse sont dissous en raison de leur violence, de leur haine et de leurs propos. Le slogan « France Aux Français » leur a valu le sobriquet de « FAF ». Ces fafs ce sont les gens qui adhèrent à une idéologie raciste, qui se couple généralement d’un amour un peu trop prononcé pour les théories néo nazies de race pure et d’espace vital, un sexisme assumé ( vous savez, ces questions de « nature » ) et une homophobie qui ne se dissimule plus.

Le GUD, l’Action Française, la Jeunesse Identitaire, le renouveau français… autant de groupes organisés que nos parents appelaient des « skinhead » ( Ce qui est une erreur d’ailleurs mais on expliquera ça un autre jour. ).  Ces mecs connus pour pratiquer la « ratonnade », ce sport sympathique et démontrant d’un courage tout en héroïsme : tomber sur un arabe/un pd/un noir a plusieurs.

 

 

Sur cette vidéo, les néophytes ne verront pas les signes d’une organisation effrayante: les gants en cuir: pratique pour taper ou pour utiliser des chaines pour taper. Des sweats à capuche pour se dissimuler, avec une écharpe qui en plus protège des gaz lacrymogènes. Les fumigènes, retardant la charge des CRS est surement le dispositif le plus impressionnant car oui, les grosses fumées sont l’œuvre des manifestants et non pas des CRS, les lacrymos explosant en sortant du canons libèrent une légère fumée qui se dissipe alors que le gaz se répand.

 

Mais il faut revenir aux CRS. Après des heures et plusieurs manifestations du collectif la MPT qui dégénèrent on voit un geste que jamais au grand jamais je n’avais vu de leur part : ils [r]envoient les bouteilles qui jonchent le sol vers les manifestants (09:16).

Comprenez : ils ne peuvent charger en raison des ordres. En haut-lieux on veut surement éviter les polémiques sur des charges trop violentes sur de pauvres manifestants…

Ajoutez à cela qu’ils ne peuvent avancer à l’aveuglette dans les fumigènes : visibilité zéro, le risque est trop grand pour eux comme pour les gens en face. Il ne leur reste que les boucliers et les casques pour se  protéger des bouteilles qui volent en éclats autour d’eux.

 

Je ne pensais pas défendre un jour les CRS, ni avoir la sensation de paraphraser/parodier Chirac en disant que « entre le bruit, les bouteilles, les insultes et les gaz, eh bien le pauvre CRS, à la fin de sa journée, il craque et il a un peu envie de casser du FAF. »

 

Mais attention cette presque « défense » doit se comprendre ainsi : lorsque nous manifestions pour le CPE ou la LRU nous savions les risques, nous savions ce à quoi nous nous attaquions et nous savions ou cela aller mener, la répression a été extrêmement violente et, durant le CPE par exemple, particulièrement disproportionnée. Mais la plupart du temps, en connaissance de cause, nous acceptions cette situation, ces règles du « jeu ».

Les  groupes d’extrême-droite les connaissent aussi, ils ne sont pas vierges d’affrontement avec la police. Ils ont certes bénéficié parfois de traitements de faveur, mais ce temps semble révolu. Ils le savent et n’ont plus qu’une solution : accepter les règles du jeu.

Par extension les groupes qui fricotent avec eux, ou qui en comptent aussi pour certains dans leurs membres comme la Manif Pour Tous, le PCD, le FN… doivent accepter aussi ces règles.

 

Alors cessez de nous parler de rafles, le parallèle est indigne, même de vous. D’autant plus si on se rappelle que dans les années 40 la communauté homosexuelle à été énormément touchée par les rafles, bien plus pendant que la France de Vichy collaborait.

 

Voyage en Homophobia

Il y a des dimanches, où l’absence de gueule de bois me donne envie de me balader dans Paris.
Hier, comme beaucoup de gens, j’ai pu voir ce défilé affligeant de réflexions douteuses. Je viens ici jouer les reporters-analystes en carton toujours plus noble que ce que je peux lire sur twitter ou facebook de la part de « bons citoyens ».
Commençons par le début. Je suis une demi-citoyenne. Moitié bonne mère, moitié nan. Cela dépendra de qui voudra bien de moi au long terme. Je suis une licorne, une dévergondée dégoûtante : une bisexuelle.
La première chose qui choque quand on arrive aux alentours du cortège ce dimanche 13 janvier, ce sont les enfants. Il fait très froid, très gris et il y a des enfants partout. Des petites choses qui ne savent même pas si elles sont hétéros, homos, zoophiles, fans de SM, ou abstinentes. Ils ne sont pas encore obsédés par le sexe contrairement à leurs parents pour qui la sexualité des autres semble un truc vachement important. Bel exemple pour la jeunesse, très petite jeunesse d’ailleurs, car les jeunes adultes (20/30 ans) il n’y en a pas des masses.
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désolée pour le flou hein…
Ils étaient très nombreux, c’est vrai. Beaucoup de trous dans la manif mais nombreux. Et cela s’explique facilement quand vous arrivez aux Invalides, des dizaines de cars viennent de toute la France, financés par l’association « la manif pour tous » donc on parle peu des financements. D’Invalides au pont de l’Alma, ils étaient partout. A ce moment-là, le calcul est simple : les pros viennent de Paris et de sa banlieue puisque leur voyage de la province n’est pas payé et donc ils sont moins nombreux. Il faut rendre à Jules ce qui appartient à César : le chiffre est facile quand on pioche sur la population nationale.
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 On mobilise grave à marchenoir ouz..ourz.. dans la province quoi.
Ce qui signifie donc, que si (et je vous jure qu’après 10 ans de militantisme, je sais apprécier le nombre de manifestants) par miracle ils étaient 1 million, cela signifie qu’ils sont 1 million sur l’ensemble de la France à penser cela. Les manifs Anti CPE mobilisaient plus, rien qu’en Île-de-France et pourtant à cette époque les dirigeants de l’UMP, soutiens de la manif pour tous, disaient que ce n’était pas à la rue de diriger. Sous Sarkozy, on nous expliquait qu’il avait été élu pour ses propositions par la majorité des français ; ceux qui manifestaient n’avaient plus aucun pouvoir sur les projets de loi. C’est drôle comme d’un coup l’argumentaire est considéré comme déplacé et sans fondements et le débat devenu une nécessité pour la démocratie.
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Frigide poète…parce qu’on fait faire aussi de la svt aux enfants.
Il est scandé dans les médias et réseaux sociaux que les manifestants veulent un débat. J’ai tenté d’en avoir, il n’y en a aucun. Hochements de tête et sourire bêtes quand je dis à un couple portant la pancarte « il n’y a pas d’ovule dans les testicules » (amis de la poésie bonsoir) que toute homosexuelle que je suis, j’ai eu le droit au lycée moi aussi à des cours de science naturelle. Et ma copine d’ajouter qu’elle est un futur médecin lesbienne et pourtant au fait de cette vérité troublante ! Messieurs, vous n’éjaculerai donc jamais un ovule, le mystère est résolu.
On trouve ainsi d’autres pancartes instructives telles que « made in papa et maman » et autres petites phrases montrant l’intérêt qu’ils portent à la vie sexuelle. La fameuse « touche pas à mon sexe » de Frigide Barjot me faisait penser quand même « aucune chance, jamais, même si on était les dernières survivantes de la colère de dieu sur la France pleine de pds ».
Toutes ces pancartes sont portées avec joie. Je vois quelques enfants qui pleurent (marcher dans le froid, ce n’est pas facile à 6 ans) mais les adultes sont globalement très souriants. J’ai alors compris que certains n’avaient même pas conscience de la violence qu’ils exerçaient à ce moment-là. Le débat en est venu à un point où l’on oublie que l’on parle de gens et de familles qui existent bel et bien et qui entendent un débat les mettant aux bancs de la société, les montrant comme déviants, anormaux, irresponsables et inapte à fonder une famille équilibrée (sans qu’il ne soit fait preuve de cette inaptitude). On oublie pourtant que non seulement les homos aussi sont « made in papa et maman » bien hétéro pour la grosse majorité et que des familles hétérosexuelles (parfois même catholiques) créent des enfants déséquilibrés, fragiles, psychotiques…. Je ne dis pas que ça n’arrivera jamais à un couple gay, je dis que c’est la vie.
Pendant mon périple qui ressemblait plus au chemin de croix, j’ai croisé deux maires UMP à qui j’ai voulu poser une question. Après qu’ils m’aient confirmé leur attachement à Frigide Barjot, j’ai demandé s’ils connaissaient son clip « Fais-moi l’amour avec deux doigts » et si ce genre d’humour était pour eux de bon goût et digne d’une l’hideuse (jeu de mot attention) d’un mouvement prônant une grande moralité. Ma réponse sera un « ho vous savez on n’est pas très internet nous ».
Malaise.
Avant de quitter la manifestation j’ai demandé à un membre de la croix rouge s’il y avait eu des blessés. On me répond que oui mais on semble gêné par ma question sur les circonstances. Concluez en ce que vous voulez mais sachez que je n’ai jamais vu une manif qui regroupait le GUD, le FNJ, la JI et la JN se finir autrement qu’avec une petite ratonnade bien de chez nous.
Mon calvaire s’arrêtera peu après cela. Pour reprendre sur le net… Sur facebook, on m’annoncera que l’homosexualité est une déviance au même titre que la zoophilie et que cela n’est pas homophobe… Et sur twitter, que si on légalise la PMA pour les lesbiennes autant légaliser le vol d’enfants et qu’il n’est pas homophobe de dire que l’homosexualité est une déviance. Cela dis peut être somme nous déviant mais on est nous aussi des enfants d’hétéros. Alors si les hétéros peuvent produire des gens déviants peut être que nous nous arriverons a avoir des enfants un peu plus équilibrés..
Quand je fais le bilan de tout cela hélas, ce n’est pas une envie de dialogue qui me vient mais bien une phrase vue sur une pancarte aux manifs pro : « je veux les mêmes droits que les hétéros, pas leur avis ». J’ai envie de ne plus payer les impôts qui servent à financer les services auxquels on me refuse l’accès comme l’éducation, les allocations familiales, ou qui permettent que l’on accepte de faire des abattements fiscaux aux couples qui ont choisi de se marier.

« Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner. » *

On nous rabat les oreilles depuis l’année dernière avec l’apocalypse approchante et quand cette nuit j’ai lu la fermeture de mégaupoad par le FBI j’ai cru une fois de plus entendre une des trompettes de l’apocalypse retentir.

Je me dois maintenant de donner quelques explications, au risque de voir mon introduction mal interprétée.

Hier soir, le FBI arrêtait les responsables de megaupload en Nouvelle Zélande tout en fermant les serveurs à Hong Kong si j’ai bien suivi.
Le motif n’est ni le terrorisme, ni la pédophilie et avant même qu’un juge ne se penche sur l’affaire on ferme le site…

Si megaupload est en effet un moyen de faire circuler des films pas toujours bien intéressants il ne faut pas oublier deux choses que je dirais:

1) Megaupload n’est pas vraiment la plateforme la plus intéressante d’échange culturel. GI Joe était peut être un film à gros budget mais c’était cependant juste nul, sans interet…

2) MU est loin de représenter la parfaite plateforme d’échange dont internet pourrait se parrer…La disparition de Pirate bay ça ça serait pas super chouette : pas de pub, une prise de position quand à la diffusion de culture sur le net y tout y tout…

Bon donc oui pas de quoi pleurer tant que ca la mort de mégaupload, s’il était leader un temps, un autre très rapidement prendra sa place.

Evidemment on peut saluer l’action menée par anonymous, la soutenir, surtout en ce moment où se prépare le vote d’une loi liberticide aux États-Unis (la sopa) sans oublier que si chez nous l’hadopi, même si elle semble avoir du mal a démarrer, existe bel et bien..

Ce n’est pas la seule information de la journée qui sonnait comme un signe de l’apocalypse prochaine, aujourd’hui avait lieu le procès des militants de Greenpeace qui ont pénétré dans une centrale nucléaire sans tellement de difficulté. Ca sera du sursis, pour avoir juste prouvé que les installations ne sont pas tant sécurisées qu’on ne le pense.

Je passerais sur les soldats en Afghanistan, Je trouve qu’il n’y a pas de grosse surprise à voir des militaires mourir dans un territoire en guerre. Pas vraiment un signe de l’apocalypse.

Cela dit la liste d’évènements qui sonnent comme les trompettes funestes annonçant la fin des Hommes semble s’allonger chaque jour un peu plus…

Et sans vouloir faire mon oiseau de mauvais augure, les élections approchent à grand pas. Si vous croisez un agneau une bible à la main et des anges trompettistes ne vous inquiétez pas et accordez vous cette pensée : les incas avaient raison…

L’apocalypse selon saint Jean.*