« Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien » E. Burke

On est vendredi soir.

Je suis un peu malade. ‘Fin pas dans mon assiette et les exams approchent. J’ai peur de me planter encore. Mon copain donne un cours de math à mon frère devant moi. Je n’arrive pas à lever mes fesses du canapé. Je dois lancer une machine. En me disant ça je tombe sur un article posté par l’AFP sur Facebook :
« Ce que je photographie est terrible, mais ce que je ne photographie pas est pire. » — Photographe de proximité, en Syrie »

Tiens, j’aurais bien aimé bosser pour l’AFP quelque part. Je clique. Une photo de frappe aérienne. Et puis d’autres photos. Un photographe sur place qui raconte l’horreur de ce qu’il a pris en photo et dit que le pire, c’est ce qu’il n’a pas pris.

Il y a cette petite fille, une partie du visage ensanglanté. Ce n’est pas son sang.

Je tape “abd doumany” dans google. Il a un Flickr. Je me dis que c’est bien un Flickr pour ce genre de choses. J’hésite à cliquer pendant une seconde. J’ai été militante. Je crois qu’on le reste. J’aimerais faire quelque chose. Pour les gens ici mais aussi ailleurs, on y réfléchit avec un ami d’ailleurs, où est-ce qu’on pourrait aller militer ? Une association. Mais laquelle ? Une avec laquelle on serait entièrement d’accord ? Ce n’est pas gagné. Mon dernier engagement militant a été un stage chez NPNS. C’était bien, j’ai été utile, très. J’ai détesté l’organisation de l’assoc’, les vieilles prises de positions, et l’absence de réaction d’aujourd’hui.

Il faudrait que je monte ma propre association. Ok mais pourquoi ? Pour qui ? Et puis d’autres font le boulot, disperser c’est bien ?

J’en sais rien.

Je clique.

Les photos sont belles, j’imagine. Elles sont surtout “réalistes”. En les regardant je me répète: ces gens existent, ces situations sont réelles.

Je crois que je devrais arrêter de regarder. Ce n’est pas du voyeurisme, c’est de l’angoisse. Je sais que ça existe, je n’en ai jamais douté, j’arrive à vivre avec. Mais j’oublie rarement. Comme cet après midi, j’étais dans un super marché. Des produits « du bled », des légumes et des fruits pas trop chers souvent. Autour de moi ces français qui ne sont plus vraiment des français depuis un mois. Un jeune barbu, avec des copains qui ne le sont pas (si j’ai bien suivit le bingo « radicalisation djihadiste » du gouvernement, il n’est pas encore dans la radicalisation puisqu’il a des copains) passe à coté de moi : « 8 ans le gosse quoi ! On marche sur la tête ! ».

Oui.

En regardant autour de moi je me suis demandé si cet endroit serait un jour attaqué dans l’indifférence générale par un groupe de FAF à coup de « dehors les arabes ».

Bref, Je regarde les photos. Un trou dans la jambe comme ça, c’est possible ?

C’est fou le sang, il n’y en a pas beaucoup et en même temps il y en a plein.

Tout ce malheur, toute cette douleur, cette injustice. Tout ça dans l’indifférence générale. Je culpabilise, dans mon mode de vie occidental, confortable. Je me dis que je devrais faire ça de ma vie. La dévouer aux autres, avant de commencer à faire des gosses, et de la leur dévouer de façon inconditionnelle et bien trop pesante, faute d’avoir pu « faire quelque chose ».

Je sais que seule je ne changerais pas tout, mais je sais que mon inaction, elle, permet tellement.

C’est de la panique que je ressens : je dois faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard. Pour moi. Pour eux, il ne le sera jamais, parce qu’après la guerre, il y a l’après guerre, et que dans cette partie du monde, l’après guerre, c’est la guerre.

Les morts ont l’air de dormir. J’ai beau me répéter : « cette gamine est morte » il y a quelque chose de lointain dans l’image. Peut être qu’on en a trop vu. Des vrais, des faux. Comment on peut finir par « s’y faire » à ce point ?

Tiens, ce type qu’on enterre me fait penser à mon cousin.

Je ne me coucherais pas ce soir sans revoir cette flaque de sang. D’ailleurs, c’est une flaque ou une mare ? Une étendue ? Beaucoup ?

Sources :
Article AFP
Flick de Abd Doumany

Publicités

Cher Camarade.

Cher Camarade, tu permets que je t’appelles Camarade ? Au final c’est ce qu’on est presque.

Je dis presque parce que moi, Camarade, je ne présume pas trop de ce que tu es, de ce que tu fais. Tu sembles être une personne qui partage certaines de mes idées, d’ailleurs nos groupes facebook (ouai aujourd’hui le militantisme semble passer plus par les groupes facebook que les organisations), nos potes communs me font penser que nous somme vraisemblablement des personnes de gauches, féministes, engagées. Un minimum en tout cas.

Mais camarade, j’avoue être perdue. Je dirais bien que je milite depuis mes 15 ans. Mais la vérité c’est que ma première manif, je ne savais pas marcher. Je ne dis pas ça pour te dire « je fais ça depuis plus longtemps que toi ». non. Parce que je ne suis pas comme ça. Je crois. Jusqu’à un certain stade.

Bref. Voila, j’ai grandi dans une ambiance de violences policières, de racisme, de sexisme. Parce que mon cher camarade, je suis une femme, je suis arabe, je suis « musulmane », je suis militante et féministe. Et pas que. Mais tu vois camarade, ça me gène un peu d’écrire ça. Et j’ai l’impression de vivre dans une autre époque du militantisme en ce moment. Parce qu’avant, jamais aucun Camarade, proche ou non, n’aurait osé me demander si j’étais croyante lors d’un débat sur le voile, si j’étais bien une femme cis genre (terme qui n’existait même pas), quelles étaient mes origines, ethniques ou sociales… non je viens d’un monde ou on se divisait en lutte : telle lutte m’intéresse, me touche, je la fais mienne, je lutte aux cotés des autres. Point.

Aujourd’hui je me retrouve à devoir me justifier. Héééé oui Camarade, aujourd’hui, sur un groupe facebook, pour donner un avis, je dois subir un contrôle d’identité bien plus poussé qu’un contrôle en commico sous un règne de Sarko Ier. Aujourd’hui, c’est l’outing forcé. On doit dire que l’on est arabe, femme, pd, pute ou toute autre personne oppressée. Aujourd’hui, on doit dire que l’oppression est blanche, homme, cis genre, catholique. L’oppression que tu appelles systémique, je l’appelle d’état, pas seulement parce que je n’ai appris ce mot dans ce cadre que récemment, mais surtout parce que moi, camarade, je suis une fille du peuple (chui un peu con si tu préfères). Et puis la guerre de la communication, je nous l’ai vu la perdre années après années, luttes après luttes mais ça c’est une autre question (dont ici on parle bien je trouve).

Bref. Oui je reconnais Mon bichon (tu permets que je t’appelle mon bichon?) l’oppresseur systémique que tu aimes invoquer/évoquer dans chaque discussion, mon frère (oui pas biologique, mon frère d’arme, celui qui a pris des lacrymo pour moi, pour les papiers des autres, pour les claques dans la gueule des unes…) donc, mon frère qui n’a pas le droit au chapitre parce que c’est un homme blanc, il a compris hein, il a juste le droit de fermer sa gueule. D’être présent pour toutes les luttes et se faire insulter s’il a le malheur dire dire « ca chui pas d’accord ». D’ailleurs, on m’a un peu sorti la même chose. On m’a dit que j’étais islamophobe. Or camarade, si tu as suivi, je suis musulmane. Alors tu vois depuis des mois, j’entend qu’on doit donner la parole aux personnes concernées par un sujet. Donc sur des questions de religion musulmane il semble logique de me donner la parole d’autant plus si on parle de femme nan ? Sauf que je dois déjà déballer une partie de ma vie pour pouvoir donner un avis sans me faire *trop* insulter, et ça déjà, ça craint. Mais le pire, Camarade, c’est qu’une fois que je l’ai ouvert, déjà pas d’excuse pour les insultes hein, faudrait pas déconner, mais en plus, on semble dire que ma position est celle d’organisations islamophobes (entre autre on a parlé OLF et NPNS*). On me refuse le droit d’avoir un avis à moi, je suis surement une victime du neo-colonialisme, de l’intégration à tout pris.

Mais Choupinette, je dois t’avouer un autre truc, le colonialisme dans la famille c’est vraiment pas notre truc. Je suis une « fille du FLN » celui de l’époque ou la France était chez elle à Alger. Alors non tu vois, l’importance de ma culture je la connais. J’irais bien plus loin en te disant qu’en vrai je fais aussi parti d’une culture minoritaire en Algérie mais , allez, trop d’oppression sur une personne, ça devient trop (rassure toi, on me fait un pack genre all inclusive, comme au club med).

Une dernière petite chose mon journa…Camarade, je sais que l’islamophobie est plus que présente hein – tu te rappelles hein, bougnoule et musulmane toussa..- mais je sais aussi que l’islam comme toutes les religions oppresse. Et moi vois tu, je subis ici ton homme blanc hetero cis genre catholique, mais je subis aussi l’oppression d’une culture arabo-islamique qui n’aime plus beaucoup les femmes. Surtout pas comme moi, alors mon Lapinou, la prochaine fois que j’aimerais qu’on ne nie pas cette oppression qui n’est malheureusement pas seulement la mienne, rappelle toi que je ne nie pas celle/s que tu ressens.

Enfin (pour de bon) dans tout cela il y a une chose qui me gène encore plus c’est ce besoin de tout ramener au genre, à l’origine, à la sexualité….c’est exactement ce que nous reprochons à cette société en fait, de nous réduire à un genre, une sexualité, une religion, mais nos débats semblent ne tourner qu’autour de ça : qui tu es ? Qu’est ce que tu es ? Alors peut être suis je un peu trop dure, au final je suis d’accord hein, c’est ceux qui le vivent qui en parlent le mieux quelque soit le sujet..Et je sais aussi que ceux qui le vivent sont parfois influencés par un système qui dis que « tranquille c’est normal, tout va bien ». Peut être aussi que je dois accepter silencieusement le tournant que vit le féminisme et le militantisme de façon générale qui en plus se passe à l’heure des réseaux sociaux et de la guerre de postures sur facebook. Peut être que je suis trop vieille école, peut être que regarder plus ce qu’il y a sur ton CV militant que le nombre de groupe Facebook que tu as likés c’est ridicule..Peut être hein, je dis pas, mais franchement camarade, ca m’emmerde. Maintenant je suis une grande démocrate : chacun fait ce qu’il veut, mais la prochaine fois camarade, que tu as envie de me dire que je suis islamophobe ou raciste, rappelle toi ce dicton qui dit qu’il faut tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler si on ne veut pas risquer de dire une connerie plus grosse que soi.

Merci pour l’outing.

 

 

*oui, j’ai bien travaillé pour NPNS d’ailleurs, j’ai été stagiaire à l’accueil juridique des victimes : pendant plusieurs mois j’ai passé mes journées à aider au moins 3 femmes battues/violées/voilées/sans papier/à la rue. Oui. les idées de NPNS ne sont pas les miennes. Mais j’ai été utile. j’ai aidé des gens, j’ai milité.

 

 

Hô mots phobes! Rencontre du troisième type : les propos de militants de la « manif pour tous »

Alors que la présidente d’Act up Paris a été mise en examen pour avoir dit que les membres de la « manif pour tous » sont des homophobes, j’ai décidé de sortir du placard les perles entendues lors de deux « discussions » avec justement…la manif pour tous.

Les premiers sont en fait des veilleurs, citoyens concernés, pull manif pour tous retournés sur les épaules, ils sont indépendants.  Les secondes sont des membres de LMPT qui distribuaient des tracts il y a deux mois environ à châtelet.

Homophobie, racisme, sexisme, invention de texte de loi…rien n’est trop beau pour des gens sans arguments.

Vous trouverez donc ici les mots de fins psychologues et sociologues, que j’ai essayée tant bien que mal d’expliquer.

Ainsi chez les veilleurs :

             « L’homosexualité c’est mieux quand c’est des femmes quand même, c’est moins sale. »

De la à dire que c’est plus sensuel, plus sexy, surtout quand elles sont nues, surtout quand c’est filmé, surtout quand je cherche sur youpo….oups.

            « Vous vous êtes bisexuelles parce que votre père était absent, et puis, vous êtes arabe, votre père doit être musulman et ces gens-là sont pas présent dans l’éducation de leurs enfants, surtout des filles. Si ma fille est lesbienne c’est parce que j’ai divorcé et que je n’est pas été présent dans son éducation »

Parce qu’être lesbienne c’est avoir des daddy issues bien sur. Avec un homme un vrai à la maison, on est « normale » on aime un homme qui ressemble à papa? et les gays, c’est la faute des mères trops présentes qui en font des tapettes. Hum. Voila. Je n’ai pas trouver de meilleures explications à cette phrase.

Et puis parce que dire quelque chose de biphobe, c’est toujours plus marrant quand on peut EN PLUS dire un truc raciste.

               « Au mariage de ma fille lesbienne, je n’irais pas à la mairie, je n’irais qu’à la réception… je sais ca la rend triste mais c’est comme ca. »

De la à dire que c’est plus marrant de picoler gratuitement en regardant les copines lesbiennes invitées au mariage se rouler des pelles que d’écouter le maire…

               « Et ça vous fait pas chier d’être du côté du gouvernement ? Moi j’ai ma pipette de sérum phy, j’ai été chargé par les CRS, j’ai l’impression d’avoir une nouvelle jeunesse. Je suis un rebelle. »

C’est vrai ca merde ! quoi que les gouvernement fassent, être contre c’est mieux. D’ailleurs, « Contre tout et pour rien » un slogan d’avenir dans la manif pour tous.
La crise de la cinquantaine pire que la crise d’adolescence. A la manip pour tous on a peur de rien, on écoute les one D, on est abonné à glossy, on trouve que les parents c’est trop des gros relous koa. A quand un débat sur le droit de vote des adulescents débiles?

             « Tu es belle, tu pourrais refaire le monde. »

Alors que quand on est moche, on se tait.

               « Le chant des partisan n’est pas associé à un bord politique. »

Non. Bien sur que non. Jamais.

             « Si le mariage gay passe, c’est mon mariage qui perd toute sa valeur. »

Je pense que l’auteure de cette phrase avait 14 ans. Du coup je ne suis pas sure de devoir l’envoyer ranger sa chambre ou pleurer. Mea culpa mademoiselle si vous aviez juste l’air très jeune. Dans ce cas, vous êtes juste très obscure.

Et le soir à Châtelet je n’attendais pas autre chose:

                   « Les homosexuels sont des gens blessés qui peuvent guérir s’ils demandent de l’aide, les bisexuels des gens qui se cherchent encore, les trans des gens clairement malades »

Et il bien nécessaire de commenter ?

            « On enseigne aux enfants qu’ils peuvent choisir leur sexe dans les écoles, c’est dans la loi. »

Avec ces deux jeunes filles, on commence le ballet du « tu ne connais pas la loi tais toi ».
Puisque visiblement, aucune d’elle n’a jamais lu aucune loi ni aucun projet de loi ni aucune proposition de loi, et puis allez, tout ça c’est pareil nan ? sutout qu’elles ont entendu parlé d’un amendement…

                      « La GPA est dans la loi »

Pas mieux. Toujours pas. Et puis quand bien même…parlons du modèle anglais : pas de GPA payante, la mère porteuse doit déjà avoir eu un enfant, il y a un suivi…Bref, chacun fait ce qu’il veut avec son corps nan ? nan. Bon.

                     « La GPA et la PMA sont des usines à orphelins »

Hum. Encore un argument qu’on ne peut pas comprendre : faire un bébé pour permettre à deux parents d’avoir un enfant, c’est en fait un orphelin…Well well well.

                   « Mais cette enfant est malade, c’est pas normal, il ne faut pas la laisser faire »

C’est la réponse qui m’est faite à l’évocation d’un exemple de mon entourage :des jumelles, l’une a décidée qu’elle voulait les cheveux court et qu’elle était un garçon.

Je pleure pour ses futurs enfants « Mon ado est intenable, elle veut porter des pantalons, elle refuse d’avoir les cheveux longs, bientôt elle voudra le droit de vote »

                     « Le congé paternité forcé est dans la loi et va empêcher les femmes de retrouver du travail après la grossesse alors qu’elles ont déjà beaucoup de mal et que peux d’entre elles en retrouvent »

Il semblerait que ce soit de l’ordre de 12% des femmes qui ne retrouvent pas de boulot après leur grossesse alors déjà on arrête le chiffre catastrophe pour un effet plus putassier que jamais. Ensuite on respire un grand bol de logique : si la mère s’arrête de bosser 3 mois et qu’ensuite c’est obligatoirement au père de s’y mettre, la rupture avec le monde du travail sera moindre et donc la nana aura moins de mal à trouver du boulot qu’après 2 ans sans bosser.
Bon évidement c’est si tout ca était dans la loi. Ca ne l’est pas. Encore un argument de champion.

 

Voila. il y a eu surement d’autres « perles » durant ces discussions. La dame qui distribuait des tracts a fini par nous dire « Ca ne sert à rien de parler avec vous on arrivera pas à vous convaincre » parce qu’on lui demandait de quelle loi, de quel texte elle tirait son argumentaire.

Après relecture de ces « échanges » je m’interroge. Donc, dire que des personnes tenant et soutenant ces propos sont homophobes serait une injure publique c’est a dire une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation » (article 29 de la loi). Les juges vont devoir statuer s’il y a bien eu injure, si les propos de la présidente d’Act up étaient diffamatoires, si elle a fait preuve de mauvaise foi en employant ces termes. J’ai vague souvenir d’un cour ou l’ont nous disait que pour justifier l’injure il fallait prouver la provocation. La provocation est là, dans toutes les prises de paroles de membres de la manif pour tous, filmés le plus souvent par des médias surpris par la paroles haineuse libérée…Je me demande ou est le diffamatoire quand on a d’un coté des personnes qui lient homosexualité et pédophilie et de l’autre des personnes victimes de violences physiques ou/et morales quotidiennes qui mettent un mot dessus: l’homophobie. 

Les hommes sont des putes comme les autres

…Surtout les gros machos qui vendent leur corps tous les jours en travaillant.

Depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux on voit défiler ça :

En légende on peut lire: « Lorsque la sexualité débridée est imposée, féminisme et prositution ne sont plus incompatibles…
http://www.eteignezvotreordinateur.com/une-femen-francaise-serait-call-girl/ »

Je ne reviendrais pas sur ce à quoi fait référence cette image, la plupart des gens sont plus au courant des mouvements de danse de l’ancienne chanteuse Disney, comme se plaise à nous le rappeler les médias (« Tu viens de Disney, alors interdiction de grandir, reste une petite fille model dans un corps de femme » de la a dire que c’est pervers comme raisonnement, il n’y a qu’un pas), que ce qui se passe en Syrie, à Washington ou probablement, dans la cave de leurs voisins congeleur d’enfants.

Au risque de paraître débile, je trouve cette image dénuée de sens. Allez disons aussi pertinente qu’un point Godwin sur une discussion string ou culotte.
Cela vient peut-être du fait que les danses de stars quelles qu’elles soient m’intéressent autant que le dernier numéro de closer, mais franchement, je ne vois pas l’intérêt d’une telle polémique.

Le problème c’est que maintenant, par ce genre de poste on assiste à des dérives dans le sexiste et bien évidement, le putophobe.

Alors faisons une petite mise au point pour l’auteur de cette illustration pire que douteuse et ses fans.

L’émancipation de la femme passe aussi, ne vous en déplaise, par sa sexualité, oui aujourd’hui en plus de pouvoir voter la femme peut (théoriquement) choisir d’avoir une vie sexuelles, des partenaires multiples et, si on ne vivait pas dans un monde à « légère » tendance sexiste, elle pourrait les exposer au même titre que les hommes, et même avoir le titre de Soupair Championne, de Barney féminin….
Au lieu de ça, vous la qualifiez de « pute ». Tout comme n’importe quelle nana dont la sexualité/les fringues/la mentalité vous dérange.

Alors je sais que je risque de choquer mais une pute c’est une femme, qui travaille avant tout. C’est une femme qui certes utilise son corps comme outil de travail. Ca n’en est pas moins une femme, une travailleuse. Et tant qu’on est dans les scoops incroyables : il y a aussi des hommes qui exercent ce métier.Mais revenons donc à ces dames. Il semblerait, selon l’auteur que féministe et prostitution ne vont pas ensemble. Il nous relaie un article parlant d’une des femens qui serait une escorte. Là encore la pertinence est plus que foireuse : les femens sont abolitionnistes, anti-pute, elles ont même agressé une performeuse pendant un salon donc ce « féminisme » est d’accord avec lui, les putes c’est le mal, alors pas la peine de le brandir au nez des braves gens en hurlant « bouh regardez ces féministes dépravées ».

Vous voulez de la «féministe dépravée » qui dit que le sexe n’est pas un tabou et qu’on peut même (essayer) en vivre ? Alors linkez un article du STRASS par exemple ! À moins bien sûr que la cohérence des propos vous fasse peur, que la parole d’une pute et non pas d’une personne qui les victimise et stigmatise vous effraie ? Le lecteur risquerait alors de se dire : « merde, mais, les putes ce n’est pas toujours des victimes ? La sexualité des femmes existe….ho merde, mon monde hétéro sexiste puritain s’effondre ».

Bon ok, je vais un peu loin, hélas les prises de conscience aussi radicales ne sont que très (trop) rare.

L’auteur nous parle de sexualité débridée imposée, je voudrais alors lui demander : il est des modes comme celle des leggins sans jupe ou short, je trouve cela d’un mauvais gout certain, et j’en trouve dans toutes les boutiques ou je vais…Dois je me mettre à porter des leggins?
Est-ce que quelqu’un me l’impose ? Non ?
Est ce qu’on me le suggère fortement ? Oui c’est certain. Mais malgré ma position de faible femme, je dis non au leggins. (Par contre dire non à la sexualité débridée, c’est autre chose). Cela dit, pour ce qui est imposé on pourrait parler des livres sur des princesses faibles et vulnérables, des barbies qui ne savent rien faire d’autre que du shopping, des métiers moins accessibles, d’un salaire moins élevé, un poste moins sympa…Mais ça il vaut mieux le taire.

En matière sexuelle ce qu’on m’impose beaucoup plus c’est de me cacher par contre, de me dire que je ne dois pas me montrer trop entreprenante au risque de passer pour…UNE PUTE !

Pour finir, Monsieur l’auteur dit que parce qu’on (qui je ne sais pas mais ça doit encore être un coup des putes à tous les coups) a promu le sexe comme unique moyen d’affirmer l’indépendance des femmes, on ne gagne plus que le droit d’être une idiote.
C’est le genre de truc qui rendrait misandre un peu…imaginer que le sexe est devenu le seul moyen d’indépendance des femmes montre une totale méconnaissance des mouvements féministes. Quant au droit d’être une idiote, c’est le seul qui nous est accordés depuis des siècles.

Ce genre de situation me rappel le proverbe « Une femme doit être un chef en cuisine, une servante dans le salon et une putain dans la chambre »

Aujourd’hui, on nous donne donc le droit d’être féministe, revendiquer notre liberté à disposer de notre corps…mais pas trop quand même. Il nous appartient mais doit rester soumis aux bonnes mœurs (sexistes) et aux clips musicaux de mecs en costards ou avec de grosses chaines en or…Merci Messieurs, fallait pas, non vraiment…

Documenting Europe – « Stereotypes v. Reality »

Here the video my team (from Slovakia, Czech republic, Poland, Spain and Belgium) and i made during a formation organized by the british council.
Vote for us!

Here you can find all the documentaries made during the exchange:
http://www.youtube.com/channel/UCMOr2TKqh0YczNbKnhj6ivA/videos?flow=grid&view=0&sort=da

Voila la video que mon équipe (de Slovaquie, république Tchèque, Pologne, Espagne et belgique) et moi nous avons réalisé durant une formation organisée par le British Council.
Votez pour nous!

Et retrouvez tous les documentaires fait pendant l’échange:
http://www.youtube.com/channel/UCMOr2TKqh0YczNbKnhj6ivA/videos?flow=grid&view=0&sort=da

Capitaine Malaise de la campagne

Après une semaine de formation en docu, presque une semaine de recherche de boulot à Bruxelles je part finalement en vacances. La traditionnelle brocante de campagne ne peut se faire sans capitaine malaise. En deuxieme position:

image

Manuel à destination des jeunes filles…

Et le grand vainqueur est…

image

…cette superbe edition de l’histoire de la gestapo en 4 volumes à la couverture inspirée.

 

Rubrique fortement reprise chez Guillaume Natas.

Capitaine malaise

Comme dirait Mr Natas, J’ai trouvé un capitaine malaise avec une chaine daylimotion magique et j’en suis pas peu fière de celui là.

Pour commencer en légèreté, monsieur nous explique dans cette video qu’il préfère les femmes laides

Pour continuer, je vous conseille les videos sur le voile et celles sur l’homosexualité ou il s’emporte tout en récitant son texte appris par coeur et nous apprend que l’homosexualité masculine est la plus dégoutante….comme par hasard.

Profitez bien des plans et zoom d’une qualité époustouflante.

Lever le voile sur les agressions

D’éducation musulmane il m’est assez compliqué d’entendre les commentaires sur les deux agressions de femmes voilées sans avoir un certain tiraillement interne.

Élevée par un musulman en France, mes cheveux sont une de mes plus grosses dépenses. Un gouffre financier que je ne cacherais pour rien au monde. Surement que ce manque d’envie de les cacher vient du fait qu’on m’ait expliqué que l’islam ne m’imposait cela que lors de la prière. On m’a aussi élevé dans l’idée que cacher les femmes était une pratique sexiste. Pourtant celui qui me l’a appris est un homme qui fait ses 5 prières par jours, apprises à l’école coranique.

Il est évident que ces actes sont condamnables, qu’une agression sur qui que ce soit, vêtu de quelque façon que ce soit, est affreuse. Et pour moi, qui voit ce voile comme un objet d’oppression, c’est faire violence à des victimes déjà souffrantes.

Pourtant dans les commentaires qui défilent, aujourd’hui pour ces agressions mais avant déjà dans des discussions avec des gens, féministes, anti-racistes, dont je partage les valeurs, ce sujet me gène. On me parle d’un choix religieux, là ou il n’y a aucune obligation religieuse. Cette pratique tire sa force de la méconnaissance d’une religion dont le livre sacré explique qu’il vient parfaire les religions monothéistes, apportant l’évolution indispensable à la religion pour qu’elle puisse être adaptée aux Hommes. Alors quand bien même le voile en 622 pour des raisons de pudeur, de sexualité et de sexisme était d’actualité, il paraît possible que sa disparition soit une évolution naturelle, comme elle l’a été dans le monde chrétien où plus aucune femme ne se voile ou dans le monde juif ou il est souvent remplacé par des perruques.

L’idée de cacher la femme parce qu’elle est un objet de désir montre la suprématie de l’homme mais aussi sa bassesse : il ne peut se maitriser à la vue d’une femme ?

Et cette femme-objet, si elle ne se cache pas des hommes, elle se cache alors d’un dieu qui l’a créée dans son ensemble, et sans vouloir blasphémer : un dieu qui crée un organes uniquement voué au plaisir féminin en a t-il quelque chose à faire qu’une femme lui cache ses cheveux ?

Mon père aimerait que je m’intéresse plus à ma religion, bien sûr, mais s’oppose fermement à l’idée qu’une de ses filles puisse un jour se voiler. C’est pour lui une preuve d’ignorance.

Je suis féministe, et il m’est impensable de dire qu’une femme se fait violer parce qu’elle porte une minijupe.

Aujourd’hui, malgré mon opposition à ce bout de tissu, il est tout autant impensable de dire que ces femmes se sont faites agresser à cause de leur voile, je ne réduirai pas l’importance de cette agression, je ne mettrai pas de côté son aspect sexiste pour ne voir que le racisme, je n’oserais pas mettre plus en doute leurs paroles que lorsqu’une féministe dit s’être fait agresser.

Comme toute féministe, pour ou contre le voile, je m’indignerais contre une agression barbare et ne verrait qu’un seul coupable : l’agresseur.

Et à mon très humble avis, Caroline Fourest devrait en faire de même.

Quand les magazines « feminins » parlent de « feminisme » Ep01 – « Sexy mais pas soumises »

105 ans et un jour après une des plus grandes manifs des suffragettes de Londres, le féminisme est devenue un sujet à la mode. Je dirais presque que l’on peut remercier les femens pour avoir mis sur le devant de la scène un mouvement indispensable à l’évolution de nos société… Si seulement. Elles ont ouverte un « débat » sur ce à quoi doit ou non ressembler le féminisme, mis d’accord sur le fait que finalement le féminisme est pluriel mais ont aussi poussé à l’émergence de mouvement pensant le féminisme comme une « idée » féminine (cf pour plus tard les Antigones)

Avec toute la publicité dont elles profitent, c’est sans surprise qu’on les retrouve dans la presse féminine. Après avoir dépensé moins d’une dizaine d’euros, je suis l’heureuse propriétaire de Biba, Cosmo et autres Marie-Claire de juin/juillet qui ont tous pour « particularité » de parler de féminisme. Alors me voilà une idée. Je vous évite ou vous conseille, (si ça se trouve tout n’est pas à jeter, soyons optimistes) la lecture d’articles et en prime j’irais de mon humble analyse de féministe.

Aujourd’hui c’est le Marie Clair de juin que j’ouvre. Sous l’accroche en première page « Sexy mais pas soumise, vive le nouveau féminisme ! » je m’attendais à un article sur le strip tease ou quelque chose du genre. Que nenni. Aujourd’hui on ne parle plus de féminisme sans les Femens et c’est donc sur une double page qu’on peut voir la petite poitrine de Inna Schevchenco et son super tatouage sur un corps parfait de mannequin.

L’intro nous vend du rêve : nouvelle génération d’insoumises, Slut Walk et pour problématique : « Comment conjuguer une vie de femme qui a envie de plaire et un « ras le bol du sexisme » ?». Si la question pourrait sembler intéressante pour une ado en recherche d’identité (et encore) après quelques années à fréquenter les milieux féministes je me demande si on ne me vend pas un peu du vent : en quoi mon envie de plaire pourrait être sexiste ? Mon comportement, mes fringues et mon coté sexy seraient incompatibles avec l’anti-sexisme ?

 Je suis bonne joueuse, je continue ma lecture.

Si l’auteur pose la question pertinente de la possibilité de s’identifier aux femens « bombes à petits seins nus » elle semble ne pas avoir été très loin pour trouver ses témoins.

Quand j’apprends que ce sont les femens qui ont attaqués les idées reçues sur le féminisme je suis un peu surprise. Alors oui elles ont fait la pub de leur façon de militer mais l’idée que la féministe n’est pas une lesbienne-hétéro frustrées-camionneuse pleine de haine envers les hommes était oubliée depuis un moment, non ?

Le premier témoignage, d’une nouvelle femen, me laisse un peu pantoise : elle ne s’interdit rien au nom de ses idées, sexuellement parlant. J’en déduis un truc qui me rappelle un peu les abolos (rappelez vous c’est eux) : toutes les pratiques sexuelles consenties ne sont pas féministes? En temps que féministe « classique » (aka pas-femen-pour-un-sous-ou-même-un-million) je devrais me frustrer. Soit. Pourtant ce que cette jeune femme oublie de dire c’est que si si, les femens interdisent certaines pratiques au nom de la liberté de la femme : pas de prostitution, pas de porno… Une femme doit disposer de son corps mais n’a pas le doit de « le vendre »(donc d’en disposer). Contradiction dites vous ?

La suivante, pourtant élève de Sciences Po, nous explique qu’elle ne sait pas comment se comporter pour séduire : être elle même, féministe, au risque de faire peur, ou se montrer soumise et douce…J’ai peur. Cela me rappelle ma mère, issue d’une autre culture, d’une autre génération qui me disait un temps « tu vas faire fuir les hommes, ils ont peur des femmes trop sures d’elles, engagées bla bla bla soumets toi bla bla bla finir vieille fille ». Alors oui, parfois certains sont un peu des abrutis sexistes…mais heuuu on ne devrait pas se dire que tant mieux ? Si Brandon est mignon mais super sexiste, est-ce triste de ne pas aller plus loin ?

Je ne m’attarde pas trop sur le moment ou une grande génie dit qu’elle ne renoncera pas à ses idées pour un homme comme elle « ne deviendrait pas raciste ou végétarienne ». C’est vraiment trop grave les végétariens pour en parler ici. Leurs victimes aujourd’hui souffrent dans l’indifférence générale… non c’est trop triste.

Une autre nous explique ne pas s’épiler parce qu’elle a autre chose à faire de plus intéressant, ok, mais que ne pas s’épiler n’est pas synonyme d’émancipation selon elle. Pourquoi je vous parle de ce passage ? La question est : pourquoi nous dit elle ça ? Pour rien. Comme ça.

L’article nous dit alors que ces néo-féministes ne se privent pas pour jouer avec la mode. Bien que, là encore, il est question des positions de chacune quant à suivre ou non la mode, est-ce que cela veut dire qu’une fois encore la féministe, pour l’être vraiment, doit porter un sac à patate?

Dommage, peu développé : l’auteur via une blogueuse pose la question : Est ce que ce que je fais je le fais vraiment parce que ça me plait ou parce que je me l’autosuggére ? Parce qu’on me l’impose doucement ? La fin de l’article est plus intéressante, s’il attaque la question de femmes dans les cités, il développe sur le monde du travail et interroge l’organisatrice de la Slut Walk Paris. D’ailleurs, au long des pages on trouve des photos de ces marches qui luttent entre autre contre l’idée qu’un décolleté ou une mini jupe est un appel au viol. On trouve un encart du philosophe Bernard Andrieu plutôt pas mal et un autre de l’auteur sur le livre « Sexy féminisme » pas mal non plus.

Finalement l’article aurait pu être pas mal fait s’il ne prenait pas les femens comme références du « nouveau » féminisme (elles ne représentent qu’elles-mêmes) et si les témoignages donnaient un peu moins dans le primaire.

Je ne me permettrais pas d’y mettre une note, mais je serais curieuse d’avoir d’autres avis que le mien. Donc je vous invite à lire le Marie Claire 730 du mois de juin 2013.

News from Istanbul « Gezi » protests

One of my friends was in istanbul to support the « Gezi protests ».

You can find here photo-series of the last weekend.

There is’nt a lot of information of what’s happening there so please share as much as possible.

 

Un de nos amis était à Istanbul ce weekend pour apporter son soutient aux manifestants.

Vous trouverez ici ses photos du weekend dernier, 

On a peu d’informations et d’images de ce qui se passe la bas alors s’il vous plait Diffusez celles ci le plus possible…

 

The nearby mosque became a makeshift hospital, staffed with doctors, medical students and volunteers. As CS shelling intensified, the mosque was forced to close its doors to protesters in order to keep the gas outside.

La mosquée la plus proche est devenue un hôpital de fortune, le personnel est composée de médecins  d’étudiants en medecine et de volontaires. En raison de bombardement intensifs de gaz CS, la mosquée a été forcée de fermer ses portes aux manifestants pour que le gaz ne se répende pas à l’intérieur.

Previous Older Entries